Bienvenue! Veuillez vous identifier ou vous inscrire. LANGUE:
CHAT
IM LIST
BOOKMARK
BLOGS   CREER UN NOUVEAU BLOG   EDITER MON BLOG  
 
RSS
De l'ingratitude humaine...
Posté le 08/23/2008 13:33:32 par midou06

L’ingratitude a-t-elle un nom, un visage, une forme ?

 

 

Je pense que  l’ingratitude a un visage, d’ aspect humain,  avec fond de charogne bestiale et insatiable…L’homme qui porte ce visage, existe…IL parait affable et jovial, au premier abord.Une grosse moustache poivre et sel, lui barre le visage buriné aux pommes saillantes, aux tempes dégarnies…Il affiche l’air fier et satisfait d’un vieux baroudeur, qui a réussi tant de combats, et qui mène une vie aisée. Son gabarit consistant fait de lui une personne de bonne prestance, qui peut inspirer confiance et sympathie.

 

Abid (c’est son prenom) a été malheureux dans son enfance, et en voulait beaucoup à ses pauvres parents, qui se sont démené toute leur vie, pour assurer le gîte et le couvert à leur progéniture, dont ils prenaient soin à leur façon.Il avait toujours détesté l’école, à laquelle il préférait  la rue et ses jeux dangereux.

 

Un jour dans son age ingrat de jeune chômeur, il participa à une violente bastonnade qui faillit tourner au drame, et dont faisait les frais, le fils d’un commissaire de police à Casablanca. Son père terrorisé, decida de le faire fuir vers Laayoune dans le Sahara marocain, fraichement récupéré, où il était affecté dans une administration publique.

 

A Laayoune, il passa le clair de son temps, à errer dans les rues, et a revenir manger et dormir à la maison.Son avenir était incertain, et cela le faisait enrager et empester contre toute l’humanité, qui était, d’après sa cervelle d’oiseau, la cause de ses échecs, et de son état colérique. Son père,ne pouvait que se désoler pour ce fils malchanceux et peu utile.

 

Son frère aîné qui était militaire de carrière, et qui fut affecté à la garnison de Laayoune, le prit en affection, et l’installa chez lui, au départ des parents, qui rentraient chez eux a casablanca, après le séjour d’une année saharienne…

 

A cette époque des années de la glorieuse « marche verte » et de la fraîche récupération de notre Sahara, la politique gouvernementale évoluait dans le sens bénéfique et progressiste de nos provinces du sud.Les projets sociaux-economiques,et  les recrutements du personnel local,au sein des administrations se faisaient en masse.Et c’est ainsi,et sur intervention de son frère gradé, que « Abid »,le jeune chômeur sans formation put être embauché comme ouvrier dans le service de l’hydraulique de la ville Laayoune,et put acquérir une certaine expérience primaire, sur le terrain. Le salaire qu’on lui donnait lui permit de se payer des moments de plaisir en galante compagnie,et de s’enivrer comme bon lui semblait…Il logeait dans une chambre à plein temps chez ce frère généreux et peu regardant à la dépense. Il profitait des largesses de la famille, et ne pensait jamais à lui offrir le moindre délice.Il considérait la maison de son frère comme la sienne,et estimait que les autres devaient le subventionner. Sa mentalité d’homme assisté fera de lui un éternel mendiant. Le personnage à l’esprit tordu et quelque peu maléfique était en train de se forger,dans la débauche et la solitude….

 

Deux années passèrent ainsi, durant lesquelles l’insouciance et la médiocrité faisaient des ravages dans la vie plate de ce triste individu,dont l’âme restait dénuée de tout fondement moral…Seules comptaient pour lui,le plaisir éphémère de la débauche,et des joies furtives et passagères…Il devenait le parfait type du marocain égoïste et jm’enfoutiste. Chez lui, le sens de la famille et de l’équité sociale n’avaient d’égales que le peu de culture et d’éducation dont il faisait preuve…Un ignorant du sens civique et des droits humains,un arriviste à la recherche de la satisfaction personnelle,et de la joie maladive qu’elle pouvait procurer a son âme détraquée,à son esprit psychiquement faible…

 

Le grand frère aîné fut appelé a faire un stage de formation au sein de la base militaire de Marrakech,et donc obligé de laisser sa petite famille (épouse et bébé) dans la maison de Laayoune,avec pour seule compagnie,une vieille bonne de Safi,et ce frère peu soucieux des règles du savoir être…Il était pourtant sensé être le tuteur,ou du moins le gardien  de cette famille,en l’absence de son chef,  père et mari…mais au bout de quelques jours,après le départ du frère pourtant généreux et affable, le triste individu décampa sans crier gare, abandonnant les femmes à leur solitude,et aux aléas incertains d’une vie encore peu fiable,en ces temps primaires de notre présence au Sahara récupéré. L’hostilité camouflée était ancrée dans les esprits de nombreux sahraouis,et pour cause… on apprenait encore a co-habiter et à nous familiariser.. Un incident regrettable pouvait vite arriver. Il s’agissait donc de ménager les mentalités locales,et donner une image louable du marocain venu du Nord…

 

Mais pour Abid, la bonne image et la conduite correcte, étaient son dernier souci…Seules comptaient pour lui, le bien être personnel qu’il pouvait obtenir des veillées nocturnes, meublées de mauvais vin et des filles louches…Il s’arrangea pour louer un taudis quelque part à « hay zemla »,parmi des autochtones à la mine patibulaire et peu engageante, car il tenait a rester discret et anonyme.

 

Quelques années passèrent, mais notre funeste individu ne se laissait guerre gagner par la sagesse du temps et l’expérience des hommes..Plus il prenait de l’age,et plus ses gaffes et autres bêtises humaines prenaient de l’ampleur,et devenaient chose courante et toute naturelle…Il n’hesitait pas à escroquer,bluffer,abuser,pourvu que ses louches desseins puissent aboutir. Tous les vices,et autres formes de débauche étaient facilement accessibles,pourvu que ses obsessions déviationnistes soient comblées..

 

Quand il fut affecté sur le barrage de benslimane comme adjoint au chef, il fut obligé de modifier ses habitudes de célibataire endurci et n’ayant pas le choix, pour s’assagir un moment, le temps de saisir son nouvel environnement.

 

Mais ce ne fut qu’une trêve de courte durée,avant qu’il ne reprenne frénétiquement,sa cadence corruptrice…Un jour ou il s’enivrait chez des types de mauvaise augure,il fut surpris par des éléments de la gendarmerie royale en flagrant délit d’adultère, avec une femme mariée…Il risquait une lourde peine,ainsi que la perte de son boulot d’ouvrier qualifié.Ses parents se démenèrent tous,pour le tirer des griffes acérées de la justice,tout en le blâmant pour sa conduite honteuse et indigne..Il resta à l’ombre quelques semaines, le temps de classer l’affaire sur un non-lieu gentiment « négocié »…A sa sortie, il se fit oublier quelque temps, dans l’intérêt familial, et pour sa propre sécurité. Durant de longues et nombreuses années, il s’est habitué à une vie bohémienne, faite de petits compromis, et d’arrangements à la sauvette, meublée de dérivatifs et de faux semblants. Ses visites à la famille étaient toujours brèves et espacées, affichant ainsi une mauvaise volonté vis-à-vis de ses pauvres parents. Il a eu à maintes reprises des mots très durs et peu honorables envers ceux qui l’avaient mis au monde, et qui l’avaient élevé. Sa pauvre mère a toujours eu un faible pour « ce garçon malchanceux, qui  avait raté ses études, et pour qui la vie n’avait pas été clémente ». Il faisait mine d’être l’enfant malheureux et résigné à son triste sort, pourvu que cette attitude puisse lui procurer quelques avantages sonnants et trébuchants, et qu’on lui foute la paix…Il eut souvent gain de cause, car  nombreux, parmi ses parents, et proches qui furent induits en erreur, à force d’entendre sa mère, se lamenter sur l’infortune de son pauvre fils…Cette malheureuse mère qui ne peut que se retourner dans sa tombe aujourd’hui,si elle pouvait savoir que son rejeton bien-aimé n’avait pas hésité à gratter sur la somme qu’on lui avait remise pour la restauration de la pierre tombale sous laquelle elle gît…Le pauvre bougre avait mis la moitié de l’argent confié dans sa poche, et faire un semblant de réparation sur la tombe maternelle…Résultat : le pourtour en ciment s’est affaissé sous les pluies successives,car aucune dalle de support n’avait été construite ! Le funeste a trouvé le moyen d’escroquer sa défunte mère, même après sa mort !!!

 

Il abusait souvent de la confiance qu’on plaçait en lui, faisant fi des règles élémentaires de la vie humaine. De nombreuses filles crurent en sa promesse de convoler, un jour  en justes noces avec elles….en vain. Ses dettes n’étaient que rarement honorées, était-ce envers ses propres parents. Il n’avait qu’un seul objectif :mener sa vie à sa guise,son intérêt personnel passait avant toute autre considération…Il ignorait encore que tout se paie dans la vie, les bons comme les mauvais actes…Il l’apprendra à ses dépends,vingt ans plu tard,quand il sera encore surpris par des gendarmes, en train de forniquer,et de cuver du gros rouge en compagnie de prostituées, dans le local que son administration lui avait octroyé comme logement de fonction…Le mauvais bougre faisait la fête ,alors que sa pauvre mère était en train de rendre l’âme…c’était une information anonyme,provenant certainement des voisins qui en avaient marre de supporter ses frasques et sa conduite malveillante. Il se vantait d’être le caid du coin,et que son autorité dépassait les douars avoisinants du barrage dont il avait la charge.Les petits fellahs des environs,devaient se montrer « compréhensifs » pour qu’il daigne ouvrir les vannes,et laisser l’eau couler sur leur terres,un laps de temps…De ce fait, il prit certains droits personnels et arrogants…IL avait trouvé astucieux et légitime de racketter les promeneurs en galante compagnie,et de faire payer un droit de péage a toute personne motorisée,qui voulait admirer le lac « oued el maleh » ,côtoyant le barrage collinaire du même nom…Un jour,un berger un peu détraqué,se sentant persécuté et  lassé des tracasseries abusives exercées par le prétendant « chef des lieux »,prit une carabine et vida sa charge de chevrotines sur la tête du malheureux « mafiosi » qui échappa de justesse à une mort certaine..

 

Abid, certainement repu de sa vie débauchée, et ne menant nulle part, se maria un jour, pour faire comme tous les gens sensés et sages. La femme originaire de Khouribga, qu’il prit pour épouse, s’avéra être une dame acariâtre et très calculatrice. Elle lui donna bien du fil à retordre,et scella définitivement leur sort  conjugal,en mettant au monde trois enfants successifs…Se sentant accablé et acculé à la soumission au sacré devoir de famille,il opta pour un mode de célibataire endurci,ou de marié repenti, en menant à sa guise sa petite vie médiocre,qu’il partageait entre l’appartement familial de Sala al Jadida et son logis au barrage…Il était donc loin des joies qu’offre la vie de famille,se contentant des visites obligées,espacées et périodiques,à une  épouse éternellement hargneuse et insatisfaite,et à des enfants habitués à des absences longues et répétées. Ainsi donc, il continua son chemin,ignorant presque jusqu’à l’existence de ses frères et sœurs, ou autres parents encore vivants…Il sait que son sort a été conçu par sa mauvaise foi, et par ses principes peu louables.Il sait qu’il restera condamné à subir une vie peu satisfaisante et médiocre. Il a  une forte sensation du vide qui l’entoure, malgré la famille qu’il avait constituée.Au fond de son âme maladive, il sent un manque terrible d’affection…Il sait qu’il restera toujours un éternel insatisfait, à la recherche insatiable de plaisirs éphémères et peu concluants…mais n’est ce pas là, un juste retour des choses ? N’est ce pas là, le lot des dépravés non repentis, et des fils maudits ?

 

C’est sans aucun doute le sort de la justice divine qui s’abat sur tous ceux et celles qui déraillent du droit chemin, et qui portent la graine du mal dans leurs veines…Les ignobles,les crapules,les fils maudits,les ingrats,les voleurs,

 

Les assassins de tout acabit, les violeurs, les oppresseurs, les hypocrites, les arrivistes, et tous ceux et celles qui portent atteinte a autrui dans le but du mal et du profit, au détriment de pauvres créatures innocentes….

 

 

 

Tags: Abidlaayoune



Bookmark:




*** Maroconly ***